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2015 à 2017

Traduire « je veux un ordinateur qui marche » en cahier des charges

Plus de deux cents postes conçus, assemblés et livrés pour des TPE et des professions libérales, avec la sécurité traitée dès le devis plutôt qu'ajoutée après coup.

Contexte Employeur · Avenir Digital
Domaines Conseil & méthode, Cybersécurité & conformité
Niveau de preuve Documenté

Mission antérieure, décrite dans mon dossier de validation des acquis déposé auprès de l'Éducation nationale, sous déclaration sur l'honneur. Le livrable appartient au client, je ne peux donc pas le publier.

Le contexte

Chez Avenir Digital, société de services informatiques de proximité, j’interviens comme technico-commercial et formateur auprès de particuliers, de professions libérales et de petites entreprises. J’y assemble et livre plus de deux cents postes de travail.

Cette expérience est celle qui a formé ma manière de mener un rendez-vous client, et elle est plus déterminante dans mon travail actuel que n’importe quelle technologie que j’y ai pratiquée.

Le problème

Un client n’exprime jamais un besoin technique. Il dit « je veux un ordinateur rapide », « je veux que ça marche tout le temps », « il faut que mes données soient protégées ».

Ces trois phrases n’ont aucun contenu exploitable. Rapide pour quel usage, avec combien d’applications ouvertes, sur quels fichiers. Protégé contre quoi : la panne, le vol, l’erreur humaine, le rançongiciel. Ce sont quatre menaces différentes qui appellent quatre réponses différentes.

Livrer sans avoir traduit ces phrases, c’est découvrir après la facture que le poste ne correspond pas.

Les contraintes

  • Des budgets réels et serrés, qui interdisent la surqualité comme la sous-qualité.
  • Des profils utilisateurs très hétérogènes au sein d’un même client, du parfaitement à l’aise au totalement perdu.
  • Des ruptures d’approvisionnement fréquentes sur certains composants, avec des délais et des prix instables.
  • Des besoins qui évoluent en cours de projet, une semaine après validation du devis.

Mon intervention

Analyse du besoin, rédaction du cahier des charges et du devis, assemblage, installation, sécurisation, documentation et formation.

L’architecture

Le cas le plus représentatif est celui d’un cabinet d’avocats, qui demande un poste complet. Derrière une demande de matériel se cache un dossier de confidentialité : ce cabinet manipule des données couvertes par le secret professionnel.

Le cahier des charges que j’en tire couvre quatre axes, et la sécurité y figure dès le devis, pas en option ajoutée ensuite : performance adaptée aux logiciels métier réellement utilisés, protection des données sensibles, fiabilité des composants, et confort de travail.

L’installation associe un pare-feu matériel avec des règles de filtrage adaptées au métier, un antivirus centralisé, le chiffrement des dossiers sensibles, et une sauvegarde automatique quotidienne vers un stockage réseau doublé d’un support externe.

Je remets systématiquement un schéma réseau simplifié, lisible par un non-technicien, montrant la séparation des flux et l’emplacement des équipements de protection.

Les choix techniques

Chaque choix est justifié au client par le bénéfice qu’il produit, pas par sa caractéristique technique. Un disque rapide n’est pas vendu comme un disque rapide, mais comme le fait de ne plus attendre à l’ouverture d’un dossier. Un onduleur n’est pas vendu comme un onduleur, mais comme la garantie de ne pas perdre un document en cours de rédaction lors d’une coupure.

Sans cette traduction, l’arbitrage est hors de portée du client. Un dirigeant ne tranche pas entre deux références de processeur, mais il tranche très bien entre deux niveaux de risque, à condition qu’on les lui présente ainsi.

Face aux ruptures d’approvisionnement, je maintiens un stock tampon sur les pièces critiques et une liste d’équivalences validées à l’avance, en informant systématiquement le client de tout changement.

La sécurité

Le point que je retiens de cette période, et que j’applique encore : proposée en option à la fin d’un devis, la sécurité était perçue comme un supplément et refusée. Intégrée dès l’analyse du besoin, expliquée par le risque qu’elle couvre, elle était comprise et validée.

J’ai systématiquement remis un dossier utilisateur, avec le schéma réseau, les procédures de sauvegarde et les bonnes pratiques, puis animé une formation adaptée au niveau de chacun. Sur ces installations, une sauvegarde s’exécutait la nuit : encore fallait-il que l’utilisateur sache qu’éteindre son poste trop tôt l’empêchait. C’est écrit dans la procédure, en une phrase.

Le résultat

Plus de deux cents postes conçus, assemblés, livrés, sécurisés et documentés, auprès d’une clientèle de TPE et de professions libérales.

Ces éléments proviennent de mon dossier de validation des acquis de l’expérience, déposé auprès de l’Éducation nationale sous déclaration sur l’honneur. Les livrables appartiennent aux clients et à l’employeur de l’époque.

Ce que ce projet démontre

La compétence la plus transférable de tout mon parcours : savoir transformer une demande floue en spécification, en posant les bonnes questions plutôt qu’en devinant.

C’est exactement le premier temps de mes missions aujourd’hui. Un dirigeant qui me dit « je crois qu’on n’est pas assez protégés » exprime le même type de phrase qu’un client qui voulait « un ordinateur rapide ». Mon travail commence par transformer cette inquiétude en constat vérifiable, puis en priorités chiffrées. La différence d’échelle est réelle, la méthode est la même.

Les prestations que cette réalisation étaye

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